Steve Jobs,
Tim Berners-Lee,
Bill Gates ?
Et les femmes dans tout ça ?

Compte rendu de la conférence de Claire L. Evans « What History’s Female Internet Pioneers can Teach us about Tomorrow ».

Les femmes, le cerveau des hommes

«Human Computer»,
les femmes calculent

Une histoire nommée «human computer», des calculs longs et souvent fastidieux donnent naissance au networking.

Pourquoi recruter des femmes dans un monde où l’homme est considéré comme étant un être supérieur ? Pour profiter d’elles, et embaucher deux fois plus de main-d’oeuvre.

photo de journal
«Computer», un ordinateur ? Non, une histoire de femmes (principalement) et de calculs.
photo d'un Human Computer
On voit naître une forme de networking, car chaque calcul réalisé était relu par une autre personne.
1/2

40-45, elles
calculent toujours

Le nombre de «human computer» explose dans différents domaines : switching boards, tenue de registre, prise de dictées, calculs de trajectoires balistiques, des tâches de bureau quoi… Celles-ci effectuées par des assistants numériques de nos jours.

L’arrivée des ordinateurs mécaniques (à la base pour un usage militaire) dans les années 40 obligent les femmes à s’adapter et à programmer les nouvelles machines mécaniques, leurs futures remplaçantes.

Photo opératrices de téléphone
Les femmes et leurs esprits constituaient l’infrastructure physique de l’ère technologique.
Photo Harvard Mark 1
En 1944, Grace Hopper a aidé à la création du Harvard Mark 1, le premier grand calculateur numérique.
1/2

Maintenant, elles
programment leur futur

Que fait-on avec une idée qui marche bien et qui peut relancer l’économie après la guerre ? On la commercialise bien sûr, en vendant les nouvelles technologies militaires au grand public !
Les «human computer» disparaissent totalement au profit de la programmation automatique qui deviendra la base de nos ordinateurs.

La programmation, qui sort de nulle part, accessible à une infime partie de la population, incompréhensible, aucun manuel disponible, on en fait quoi ? Dans un souci continu de compréhension propre aux femmes, Grace Hopper a créé COBOL, un langage rendant accessible la programmation aux nouvelles générations.

Donc les femmes ont enfin de la reconnaissance ? Pas du tout. Lors de la présentation de l’ENIAC en 46, les deux femmes qui avaient entièrement aidé à le programmer n’ont jamais été réellement créditées ni reconnues.

Photo Eniac Programmers
Les programmeuses de L'eniac
Grace Hopper la créatrice de COBOL
Grace Hopper
Photo ENIAC
Premier ordinateur programmable électronique pour l’armée US
1/3

Les femmes en 3 leçons !

La diversité de l’esprit

Top ! Nous cherchons une ancienne étudiante du MIT, elle a étudié l’informatique qui ne la passionnait pas de base. Elle concevait des protocoles de routage, des algorithmes qui régulent directement le trafic sur les réseaux, elle a, de plus, été notamment un élément indispensable à la création de l’Ethernet. C’est, c’est, c’est ? Radia Perlman !

Wendy Hall photo
Radia Perlman

Sa leçon ? La diversité de l’esprit est un atout indispensable ! Différents types d’esprit contribuent à différents types de valeurs.

Rien n’arrive de rien

Wendy Hall, peu soutenue, eut une idée révolutionnaire. Laquelle ?

C’est en 1989 qu’elle invente le système de Microcosm, une manière intuitive et dynamique de naviguer dans une quantité astronomique de données, les rendant accessibles à un plus large public. Souvent mis à jour, il y avait peu de perte d’informations et grâce à ses niveaux de liens, chacun avait un contenu adapté.

En quoi son hypertext est pratique ? C’est simple, son système peut être comparé à une bibliothèque géante. Chaque page représente un lien, tous interconnectés. Cela empêche de tomber sur ces fameuses «error 404» comme c’est possible avec le système (peut-être moins efficace) de Tim Berners-Lee.

Wendy Hall photo
Wendy Hall

Grâce aux travaux sur l'hypertext fourni par toutes ces femmes, Tim Berners-Lee, pas très impressionnant, présenta, en 91 ce qui deviendra l'Internet.

Tim Berners-Lee photo CERN
Ces femmes ne sont pas impressionnées…

Wendy nous apprend ici que rien n’arrive de rien : faire de grandes choses nécessite de grandes communautés.

L’égalité ? Une utopie?

Stacy Horn a créé ECHO, pour y intégrer le Computer Mediated Communication (une sorte de réseau social), et en faire une des plus anciennes communautés virtuelles.

Stacy Horn
Stacy Horn

Pourquoi créer un tel système ? Pour qu’il existe un réseau où les femmes auraient autant de voix que les hommes. Au début il n’y avait que 40% de femmes, mais pour arriver à une certaine égalité, elle use deux moyens de persuasion :

  1. Sensibilisation : adhésion gratuite pour les femmes pendant un an, elle expliquait le principe d'Internet.
  2. Représentation : chaque groupe de conversation était tenu et par un homme et par une femme travaillant ensemble : une femme était dans la structure du pouvoir ce qui incitait les autres à avoir moins peur de se joindre à la conversation.

L’égalité demande des efforts : pour créer une communauté amusante et équitable en toute sécurité, on doit travailler pour les choses dont on a besoin, mais cela en vaut toujours la peine, même si c’est toujours compliqué aujourd’hui.

Les nouvelles héroïnes

Le monde a changé. Les femmes étaient le matériel (corps et esprit) pour effectuer le calcul massif que nos ordinateurs font maintenant. Elles représentaient entre 30 et 50% des effectifs dans les années 50 dans l’industrie informatique, et aujourd’hui elles sont même encore moins dans ce domaine (27,7%).

Il est important que les femmes s’identifient à leurs pairs afin de pouvoir être elles-mêmes et ne plus se laisser dominer par les hommes.

Claire L. Evans, une femme pour les femmes

Photo de Claire Evans
Claire Evans, la conférencière

Nous connaissons le rôle des hommes dans l’évolution de l’informatique mais connaissiez-vous le rôle des femmes ? Claire L. Evans, raconte au travers de sa conférence et de son livre, comment les femmes ont joué un rôle important dans la création d’internet.